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La France est-elle réformable ?
A regarder l’actualité, on est tenté de répondre : non, la France n’est pas réformable ! D’autant que c’est la réponse qui semble être choisie par les médias, tant l’idée « réforme = manifestations » est mise en avant ! Et bien nous, nous avons envie de dire : OUI, la France est réformable. Mieux encore : elle n’attends que ça car la réforme n’est pas un problème !
En effet, le problème des grèves, des blocages, et de la supposée « irréformabilité » de la France ne vient pas de l’idée de réforme, ni même d’un manque de volonté. Il ne vient pas non plus de la contestation, ou acceptation, de la réforme. Non, le vrai problème vient de la méthode. Le français est exigent, est participatif, est volontaire. Il n’acceptera la réforme que s’il est consulté et écouté ; que si on lui laisse le temps de la réflexion et de l’adaptation ; que s’il participe pleinement à cette réforme. Jamais le français ne pourra accepter de financer et de « vivre » une réforme qui lui sera imposé par la force. C’est exactement ce que le gouvernement cherche à faire : il veut passer en force, aller à la confrontation directe. C’est inutile, coûteux et une perte de temps !
Sur un sujet aussi épineux que la réforme des régimes spéciaux, dépeint à tout vent comme impérative alors que ça ne concerne que 5% des français, il est nécessaire de prendre le temps de la discussion et de la réflexion. Or, les négociations sur les régimes spéciaux de retraites n’ont durées qu’une dizaine de jours, à tout casser ! D’autant que Nicolas Sarkozy avait prévenu au préalable : quoiqu’il arrive, cette réforme sera adoptée. D’ou ces questions : sur ce dossier sensible, que voulez vous négocier en 10 jours ? Et surtout, puisque de toute façon cette réforme sera adoptée, quel fut l’intérêt de ces premières négociations ? Conclusion : il aura fallu 3 jours de grève et des centaines de milliers d’euros perdus pour que le ministre du travail Xavier Bertrand appelle à des négociations un peu plus sérieuses et crédibles, puisque d’une durée plus longue.
Et c’est exactement la même chose qui s’est passé pour la réforme de l’Université, la fameuse « loi Pecresse ». Il n’y eut pas la moindre négociation. Pire, cette loi fut adoptée en catimini cet été, c’est à dire quand les facultés étaient désertées des étudiants ! Résultat : blocages d’universités, des milliers d’euros de dégradations, des milliers d’étudiants pris en otage par les grévistes. Or, nul doute que si le gouvernement avait pris le temps de la négociation et de la réflexion avec les syndicats étudiants, nous ne serions pas dans cette situation. Oh certes, peut-être que l’Université ne serait pas encore réformée, mais au moment venu, la réforme se serait passée dans de biens meilleures conditions ! Mais non, ici aussi on préfère d’abord aller la confrontation et rapport de force plutôt qu’au dialogue préalable. Ce n’est bon ni pour notre République, ni pour notre démocratie…
Bref, ce n’est pas comme ça que nous arriverons à réformer le pays, et l’histoire le démontre à de trop nombreuses reprises. La France a soif de réformes, elle est consciente qu’elle doit être réformée pour voir l’avenir plus sereinement. Mais elle veut être réformée dans le dialogue, dans la participation. Non en force, dans la peur de perdre des acquis, dans la confrontation. Préférer aller à la confrontation plutôt que d’ouvrir de réelles discussions est profondément stupide et immature de la part des syndicats et du gouvernement ! Osons réformer par le dialogue, par la participation, pour avoir des réformes qui soit justes et équitables pour tous. Ou, en seul mot (ou plutôt trois) : osons le dialogue social, car dans tous les cas le temps « perdu » pendant ces dialogues restera moins coûteux que le temps « perdu » par les grèves et autres manifestations !
Tags: Actualité, blocages des universités, grève, manifestations, réformes, syndicats

